RDV de Septembre sous le soleil

Vous avez raté l’événement de Septembre 2021, retrouvez ici toutes les photos et la présentation par Jean Pierre MORAIN des voitures invitées.

Une pause météo enfin favorable malgré des averses aux alentours, nous a permis d’offrir à nos visiteurs exposants un après-midi où la qualité et la quantité ont primé pour constituer un plateau exceptionnel de superbes véhicules.

Modèles uniques pour certains, comme la PORSCHE 550 Spyder de Frédéric. Mention d’excellence d’ailleurs aux “Anciennes” d’avant 1980, qui ont participé massivement à l’événement.

C’est d’ailleurs ce que nous souhaitions en adoptant notre nouvelle formule de rassemblement : un équilibre avec les “Modernes”. Et pour clore la journée en beauté, la cerise sur le gâteau avec l’arrivée tardive mais programmée d’une FERRARI F50.

Crédit Photos : Hphoto.fr

Galerie photos  –  1

Première GUEST du jour

Crédits – Texte : Jean Pierre MORAIN – Photos : HPhoto.fr

PORSCHE 550 SPYDER

« Ne parlez surtout pas d’une réplique»

Ce serait effectivement une grossière erreur, presque une injure d’assimiler cette voiture à une réplique de la PORSCHE 550 Spyder. D’ailleurs la simple apposition du logo et du nom PORSCHE sur le capot avant et arrière suffit à authentifier l’appartenance à la marque allemande, nul ne pourrait s’approprier un tel titre sans l’aval du constructeur, au risque d’un procès perdu d’avance pour le «tricheur», l’usurpateur !

Remettons les choses en ordre : une réplique, c’est une copie d’un objet, aujourd’hui en ce qui nous concerne, une voiture.

La copie ressemble à l’original, c’est la base même d’une réplique, mais une foule de différences la dissocie de son ainée. Que ce soit par ses proportions ( quelquefois la voiture est plus longue, plus courte, plus large, plus haute … ) mais les cotes originales du constructeur ne peuvent être reproduites sans son accord ( ce serait sinon, le vol d’une propriété industrielle ).

Quelques exemples typiques connus sont les nombreux constructeurs de répliques des AC COBRA ( la voiture la plus «répliquée» du monde ), et pour PORSCHE, c’est PGO, entreprise française lancée en 1980, saluons-le, qui s’inspire de la 356 des années 60.

En résumé la réplique, si belle et bien faite soit-elle, ne peut prétendre appartenir à la famille de la voiture originale, ni porter son nom. Elle n’entre pas d’ailleurs dans les chiffres de production du créateur du modèle initial, et la cote en occasion s’en ressent très fortement.

Une vraie AC Cobra s’est vendue aux enchères plus de 2 millions d’euros en 2016 chez Sotheby’s en Arizona, une réplique peut se négocier aux alentours de 80000€.

Les débuts du projet

Et pour la PORSCHE 550 Spyder de Frédéric ?

On oublie totalement ce monde de la réplique, de la copie, voir de la contrefaçon !!!

Nous entrons dans celui du grand art, du chef d’œuvre, du perfectionnisme poussé à l’extrême qui impose le respect et l’admiration.

La voiture de Frédéric est une «reconstruction» de la voiture d’origine, en partant d’un châssis trouvé et négocié chez un collectionneur anglais qui avait finalement renoncé à poursuivre son travail de «re-création», vu la complexité de la tâche, tant au niveau recherches de données que de pièces détachées à trouver ou à fabriquer. Il fallait une motivation exceptionnelle pour se lancer ainsi dans un tel projet, et c’est bien ce qui caractérise la personnalité de Frédéric.

La foi soulève les montagnes dit-on ! Et bien là les montagnes sont les plus hauts sommets car Frédéric n’est pas de la partie, il adore les belles voitures et la photographie mais il est néophyte en carrosserie et mécanique, et pourtant …

En 2011, la concrétisation du projet se fait jour à travers une magnifique exposition au musée du Louvre de Paris «l’Art de l’automobile» durant laquelle une partie de la collection automobile de Ralph LAUREN ( Américain, créateur de vêtements haut de gamme) est exposée dont … un 550 Spyder.

Frédéric, passionné de photographie ne s’est pas fait prier pour arpenter les allées de l’exposition et passer des heures à photographier la voiture sous toutes les coutures, tous les angles, s’attardant notamment sur les galbes si particuliers de la carrosserie. Et rentré chez lui, il développe ses négatifs puis les agrandis à l’échelle 1 en les collant sur des planches en bois !!!

UN PROJET DE PLUSIEURS ANNEES

Sans aucun plan d’époque, il réalise la carrosserie de la voiture, en aluminium, avec l’aide de Philippe SEONNET, l’un des meilleurs carrossiers spécialisés en caisses aluminium, reconnu par son travail talentueux sur les PORSCHE 356.

Autre aide : une simple maquette du 550 Spyder au 1/18ème, leur permet d’appréhender la voiture en 3 dimensions. Un an 1/2 de labeur passionné sera nécessaire pour terminer la carrosserie. Le souhait et l’exigence d’authenticité doublé du perfectionnisme de Frédéric permet d’atteindre des sommets dans le détail.

Un exemple parmi tant d’autres : le nombre de rivets utilisés est conforme à l’origine, tout autant que l’espacement entre eux, extraordinaire ! Et il en est ainsi de l’ensemble de la voiture. Des centaines d’heures à chercher des pièces aux Etats-Unis et en Angleterre, idem pour créer lui-même ou faire fabriquer sur mesure des pièces impossibles à trouver, comme le parebrise ou le réservoir d’essence ( là aussi les photos ont été exploitées ).

Seules entorses à l’authenticité : le moteur et les freins.

Trouver un moteur d’origine est quasiment impossible tant la voiture est rare. Et si l’opportunité se présentait néanmoins, son prix serait prohibitif, de l’ordre de 120000€ ! Pour rester en adéquation avec sa volonté de respecter au maximum l’utilisation de pièces PORSCHE et d’être ainsi proche de la réalité, le moteur est celui de la 914, un petit roadster fabriqué entre 1969 et 1976 : 1,9L, 4 cylindres à plat et puissance de 110CV équivalente à la 550.

Pour le freinage, question sécurité, les freins à tambour ont été remplacés par des disques, Frédéric n’étant pas du genre à se contenter de contempler son bijou dans un écrin, mais tout au contraire à se faire plaisir sur la route, du bonheur à l’état pur. C’est ainsi que nous l’avions découvert un dimanche à THOIRY, autant dire que le Spyder a été aussitôt exposé en «vedette» devant le stand du club.

Et bien nous a pris de noter les coordonnées de son propriétaire, ceci nous permet aujourd’hui de vous offrir ce cadeau unique.



550 SPYDER, la 91ème ?

Première sortie officielle du 550 Spyder terminé au Mans Classic 2018, après 4 ans1/2 d’un travail considérable, fruit d’une passion magistrale, d’une patience et d’un acharnement qui force l’admiration et un très grand respect, notamment par des spécialistes de la marque.

A ce jour, plus de 11000 kms parcourus sans problème, des voyages au long cours et des contacts toujours amicaux et intéressés des personnes rencontrées, curieuses et stupéfaites !

Sublime récompense pour l’œuvre réalisée : outre le fait de pouvoir mettre le nom PORSCHE sur sa voiture, le concessionnaire de ROISSY a exposé le 550 Spyder de Frédéric pour fêter les 70 ans de la marque. De plus le magazine FLAT6 ( mensuel uniquement PORSCHE ) a consacré un reportage exclusif à sa voiture en Décembre 2020, c’est dire la reconnaissance du travail accompli.

Et pour couronner le tout, un journaliste de ce magazine a titré : « peut-être le 91ème 550 spyder ». C’est on ne peut plus flatteur et révélateur d’une grande estime envers notre extraordinaire «Reconstructeur».

Cet homme et cette voiture, qui ne font qu’un, ont leur place sur le podium d’O’THOIRY CLUB, c’est évident.


UNE VRAIE SPORTIVE

la PORSCHE 550 Spyder a été produite entre 1953 et 1956.

Elle est inspirée de la 356 Speedster et est destinée essentiellement à la compétition automobile mais est homologuée pour la route. Seuls 90 exemplaires sont fabriqués et vendus sous 5 coques différentes. Ses caractéristiques : moteur 4 cylindres ( à plat bien sûr ), 1,5L de cylindrée développant 110CV. Boite mécanique 4 rapports.

Son poids réduit à 640Kgs en fait une «bombinette» capable d’un 218 Kms/h et de performances sportives exceptionnelles.

Son palmarès en course, essentiellement aux Etats-unis, est éloquent et fait la renommée du modèle.

Mais c’est un événement tragique qui contribuera finalement au mythe du 550 Spyder. En Septembre 1955, à l’âge de 24 ans, l’acteur James DEAN, en pleine gloire, se tue à son volant en se rendant sur un circuit automobile.

Frédéric s’est pris de passion pour la PORSCHE 550 dans les années 2000. Une fois envoûté par la belle et tellement déterminé à s’en fabriquer une, une vraie, son travail de recherches de documentation a été considérable d’autant plus que la «bible» technique de la voiture est inaccessible au public. Quant à trouver pour modèle un exemplaire en état, mission impossible !


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Seconde GUEST du jour

Crédits – Texte : Jean Pierre MORAIN – Photos : HPhoto.fr

ISO RIVOLTA

L’ISO RIVOLTA GT300 objet de ce reportage débute sa production en 1962 : une superbe et luxueuse GT, créée par Renzo RIVOLTA, dessinée par BERTONE et GIUGIARO.

L’histoire de la marque

ISO-RIVOLTA : marque italienne fondée par Renzo RIVOLTA, ingénieur, en 1939, sous le nom ISOTHERMOS, fabricant de réfrigérateurs, radiateurs, chauffe-eau électriques. Après la seconde guerre mondiale la production s’oriente en 1948 sur des triporteurs ( petite voiture à 3 roues ), des motocyclettes et des tramways, afin de répondre à la forte demande de véhicules de transport.

En 1953, sous le nom ISO-AUTOVEICOLI SPA nait l’ISETTA, une petite voiture de 2 places, équipée d’un moteur de moto de 200 cm3, très particulière et unique, dérivée d’un scooter ( la génération 1940-1960 s’en souvient certainement ). Sa forme en œuf, toute arrondie sur une plate-forme très courte lui vaut le surnom de “Pot de Yaourt”.

A ce sujet rendons à César etc … cette dénomination a été attribuée à tort à la petite FIAT 500 produite à la même époque. Cette dernière qui est une vraie voiture à 4 ( petites ) places prend rapidement l’ascendant sur l’Isetta, boudée par la clientèle. La production s’arrête en 1955 après cependant un joli succès … en Allemagne et au Brésil.

Et là, changement radical de politique de la marque : on passe directement de ce pot de yaourt à une boite de caviar !!! La conception et fabrication de voitures Grand Tourisme haut de gamme, quel contraste sans transition intermédiaire !


LA GT300

Et c’est l’ISO RIVOLTA GT300 objet de ce reportage qui ouvre le bal en 1962, et quelle ballerine …

Une superbe et luxueuse GT, créée par Renzo RIVOLTA, dessinée par BERTONE et GIUGIARO ( tout le monde connait ces carrossiers et désigners italiens, la haute couture automobile ! ) et concue au niveau chassis et train roulant par l’ingénieur BIZZARINI.

Longueur 4,80m, largeur 1,75m, hauteur 1,42m, poids 1520Kgs.

Et le moteur ? C’est surprenant : un V8 américain , oui vous avez bien lu, c’est bien cela qui explique notre intitulé ” l’Italo-Américaine ” !


Le V8 de la Chevrolet Corvette de 1960. Renzo RIVOLTA avait des doutes, voir des certitudes sur le manque de fiabilité de moteurs italiens.

Le moteur Corvette : 5,4 litres de cylindrée qui développe 300CV ( d’où le nom GT300 ). Vitesse : 218Kms/H . Puissance fiscale 34CV, boite manuelle 4 rapports.

La GT300 sera vendue en grande part aux Etats-Unis.


ISO RIVOLTA ET LA COMPETITION

Le succès de la voiture entrainera ISO RIVOLTA à créer de nouveaux modèles, la GRIFO et l’A3C.

Cette dernière sera engagée en compétition et se fera remarquer aux 24 Heures du Mans en 1964 et surtout en 1965 ou elle terminera 9ème au classement général et 1ère dans sa catégorie.

Plus tard, sous la Direction de Piero RIVOLTA, fils de Renzo RIVOLTA décédé en 1965, la FIDIA, seul modèle 4 portes de la marque et la LELE furent produites.

Jusqu’en 1970 RIVOLTA utilisa des moteurs Corvette allant de 5,4L jusqu’à 7,4L pour 406CV, sur la très rare GRIFO CAN-AM, 413 exemplaires dont 20 seulement pour la version Can-Am . Au cours du Rétromobile 2017, la seule GRIFO Can-am vendue en France a été adjugée 441.000€ aux enchères par Artcurial.

En 1971, le moteur Corvette est remplacé par des moteurs FORD de 5,7L Maxi.

FIN DE L’AVENTURE EN FORMULE 1

Notons aussi un court passage en Formule 1, une écurie ISO MARLBORO avait vu le jour en 1973, avec un certain Franck WILLIAMS comme team manager, qui reprend l’équipe à son nom en 1974.

Fin de l’aventure ISO-RIVOLTA en décembre 1974 après la crise pétrolière mondiale de 1973.

Mais aujourd’hui les noms RIVOLTA, BERTONE, GIUGIARO résonnent encore dans le monde automobile marqué par la maitrise, le savoir faire, l’élégance, la classe de ces virtuoses Italiens.


La GT300 de CHRISTOPHE

ISO RIVOLTA

GT300

Acquise fin 1997 à Paris suite à une petite annonce, Christophe avait découvert cette voiture et “craqué” pour elle, lors d’un hors-série de la revue Rétro-Viseur consacré à la marque. Elle est de 1963 et a été immatriculée en France, au Mans, dès l’origine, puis à Paris depuis 1965.

Kilométrage à l’achat 60000 Kms, elle affiche aujourd’hui quelques 110000Kms. Entièrement restaurée en 1998 y compris en mécanique, elle est à présent en état concours.

Sa motivation : une Italienne hors grandes marques connues, une ligne racée, la personnalité et la rareté du modèle ( 799 exemplaires ), son histoire et le fait qu’elle fut le 1er modèle de la marque ( oublions la fameuse ISETTA !!! ). Pas de problèmes particuliers depuis 23 ans et 50000 Kms parcourus. Christophe nous a rendu visite en Février 2020 à la ferme de Maizelan, c’est là que nous avons découvert cette superbe voiture. Nous avions envie de vous la faire connaitre à travers notre nouvelle rubrique, c’est chose faite.

Une anecdote particulière ? Oh que oui !

En 2013, Monsieur BIZZARINI, pour fêter ses 90 ans, a invité en Italie des propriétaires d’ISO RIVOLTA, tous modèles, dont Christophe, qui ne s’est pas fait prier pour prendre la route de l’Italie ! Au programme visite du centre de style de ZAGATO ( encore un nom connu ) et … des usines FERRARI !!! Quel honneur, c’est dire de l’estime portée par la marque au cheval cabré pour ISO RIVOLTA, malgré son moteur américain oh sacrilège !!!

Et enfin, visite également du garage de Roberto NEGRI, ingénieur et pilote d’essai lors de la conception de la GT300. C’est lui qui a racheté tout le stock de pièces et d’outillage RIVOLTA après la cessation d’activité de 1974. Il s’attache à restaurer sur demande, toutes les voitures de la marque.


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Troisième GUEST du jour

Crédits  –  Texte : Jean Pierre MORAIN – Photos : HPhoto.fr

FERRARI F50

Toute la technologie appliquée sur la F50 a été tenue secrète avant que la voiture ne soit prête. Et ceci n’a nullement contrarié le carnet de commandes déjà plein avant que la voiture ne soit achevée et présentée en 1995, 2 ans avant la date prévue initialement, soit 1997, la 10ème année après la F40. Ironiquement la F50 aurait dû se nommer F48 !

L’hommage au commendatore

Encore un monument historique de la construction automobile de prestige sportif !

Après la fabuleuse histoire de la F40 ( la 1ère voiture présentée dans notre concours ), fabriquée pour fêter les 40 ans du constructeur, il se devait pour FERRARI de poursuivre sa voie vers des voitures extraordinaires à production limitée. A peine le dossier F40 bouclé, l’idée de réaliser à nouveau une oeuvre d’art germait déjà dans l’esprit des ingénieurs et designers de l’écurie au cheval cabré. Et quelle occasion de fêter un nouvel anniversaire, celui des 50 ans de la marque : alors, tout simplement la F50 !

Si la F40 fut la dernière voiture produite du vivant d’Enzo FERRARI, d’où toute sa valeur historique et son succès incroyable, la F50 n’avait pas le choix. Elle s’obligeait à être tout aussi exceptionnelle pour rendre hommage au «Commendatore» et perpétuer ainsi sa légende. Et les concepteurs n’ont pas lésiné. La F50 est une Formule 1 de 2 places adaptée à la route, ni plus ni moins.

4 années de développement, la technologie issue de la course automobile au plus haut niveau et même du spatial, des matériaux de construction ultra modernes tels que la fibre de carbone, le kevlar, le nomex, le titane, le magnésium, tout un ensemble d’éléments rapportés de la Formule 1 pour créer une voiture de route.

Cette démarche était diamétralement opposée à celle de la F40 qui a été conçue d’abord pour la route avant de s’orienter vers la compétition.

un modele exclusif


La structure monocoque en fibre de carbone offre un fond plat qui génère un effet de sol et ne pèse que 102 Kgs.

La carrosserie elle aussi en partie en fibre de carbone nécessitait un long traitement à haute température, à l’abri de l’air, durant plusieurs jours, au lieu de quelques heures pour les autres modèles à carrosserie traditionnelle.

Toute la technologie appliquée sur la F50 a été tenue secrète avant que la voiture ne soit prête. Et ceci n’a nullement contrarié le carnet de commandes déjà plein avant que la voiture ne soit achevée et présentée en 1995, 2 ans avant la date prévue initialement, soit 1997, la 10ème année après la F40. Ironiquement la F50 aurait dû se nommer F48 !

Ce qui est on ne peut plus honorable, c’est la décision ferme et irrévocable de FERRARI de ne fabriquer que 349 exemplaires destinés à des clients fidèles et connus, triés sur le volet. Et FERRARI a tenu son engagement malgré une demande insistante d’acheteurs supplémentaires voulant acquérir cette voiture, quel que soit son prix. L’expérience de la F40, devenue à l’époque un objet de dérive spéculative, contraire à l’esprit de la marque, n’a pas été reconduite avec la F50 et c’est tant mieux. Résultat : la F50 est 4 fois plus rare qu’une F40 !

C’est la rareté du modèle et sa technologie qui font sa côte aujourd’hui et non pas les surenchères d’investisseurs. L’honneur est sauf, même si acheter une F50 n’est pas à la portée de toutes les bourses, c’est la voiture qui se négocie, une oeuvre d’art qui s’acquiert par passion et connaissance, et non sur un jeu d’écriture financière.


PErformance issue de la formule 1

Le fabuleux moteur V12 atmosphérique ( sans turbo ) est issu directement des Formule 1 courant en 1990 ( pilotes : Alain PROST et Nigel MANSELL ). Une des spécificités de ce moteur de course est la présence de 5 soupapes par cylindre, soit 60 soupapes, de quoi occuper à plein temps les mécaniciens chargés des réglages, disons sans modestie les orfèvres de la mécanique.

D’une cylindrée portée à 4,7 litres ( 3,5 litres en F1, question d’homologation ), il développe 520 CV à 8500 Tr/mn, raisonnable par rapport aux 13000 tr/mn sur la F1, et logique pour la fiabilité du moteur de la voiture de route. Boite manuelle 6 rapports.

Un petit mot des performances :

  • 325 kms/h, 0 à 200Kms/h en 12,2 secondes,
  • le kilomètre départ arrêté en 21,4 secondes,
  • un freinage de 200 kms/h à 0 en 138 mètres

( 150 mètres pour la F40 pourtant plus légère, l’évolution du freinage est remarquable en 8 ans d’intervalle ).

349 voitures vendues entre 1995 et 1997, quelques unités pour la France dont cette numéro 111, celle de Jean-Pierre, adhérent du O’THOIRY CLUB, quel meilleur ambassadeur !!!

La F50 De JEAN PIERRE

FERRARI F50

Exemplaire n°111 sur 349 produits

Sa 1ère mise en circulation est 1996. Jean-Pierre l’a acquise en 2016. Son roulage n’était que de 15000 Kms. Elle en totalise aujourd’hui environ 20000 Kms. Des sorties de loisir et un rallye effectué à Monaco avec son fils ( le rallye «père et fils» , ). Pas de problème depuis l’acquisition.

Petite anecdote : c’est au cours de ce rallye que Jean-Pierre a rencontré un certain Pietro CAMARDELLA qui n’est autre que le designer de la F50 ! Travaillant pour PININFARINA il est à l’origine du dessin de la F40, de la 512TR et de la 456GT, quel cursus ! Pour marquer ce mémorable moment, Pietro a dédicacé la F50 de Jean-Pierre sur le carbone intérieur de l’aile avant gauche de la voiture, la signature d’un grand maître en somme qui authentifie son oeuvre d’art, encore de l’exceptionnel !

En parlant d’oeuvre d’art, le lien avec la bijouterie se fait naturellement. La F50 est un bijou qui mérite un magnifique écrin. Alors, Jean-Pierre a fabriqué lui-même cet écrin, introuvable dans le commerce vu la taille du bijou. Il a installé dans son garage un plateau tournant en aluminium comme dans les grands halls d’exposition automobile.

Confortablement installé dans un fauteuil, il peut tout à loisir contempler sa F50 qui tourne lentement, révélant la magnificence de ses lignes sous des lumières mobiles de couleur.

Certains y trouveront peut-être quelque chose à redire mais ce ne sont certainement pas les lecteurs de nos reportages et fidèles visiteurs de notre club. Eux, comprendront cette «folie» passionnée et ce qu’elle peut engendrer comme inédit. Et il n’y a que des passionnés qui se délectent de la lecture des lignes d’O’THOIRY CLUB, alors …

Une coïncidence troublante : j’ai moi-même un plateau tournant dans une vitrine faite sur mesure, sur lequel tourne lentement et sous projecteurs … une F40. Seule différence de taille et c’est le mot approprié, la mienne est à l’échelle 1/8ème, c’est tout de même un beau bijou !!! Et je me prénomme Jean-Pierre, un heureux présage ?

Autre inédit : c’est la F50 de Jean-Pierre qui a été choisie pour faire la une de couverture du superbe livre «Passion FERRARI» de Fabrice CONNEN aux Editions TANNA, photographie de Mathieu HEURTAULT. On retrouve bien sûr sa voiture dans le contenu.